Confinement : la chasse autorisée via plusieurs dérogations

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Alors que les Français sont en reconfinement depuis le 29 octobre, on peut pourtant entendre des coups de feu dans les régions propices à la chasse. En effet, une dérogation mise en place depuis le 1er novembre permet aux préfets d’engager la reprise de la chasse sur leurs territoires, à travers un encadrement strict.

Des autorisations accordées aux chasseurs

Il est possible, même en ce confinement, de croiser des chasseurs. Équipés de leur casque, leurs lunettes de protection, leur cartouchière, leurs armes, notamment leurs couteaux. Les couteaux et les dagues de chasse sont des objets importants à prendre en compte dans l’équipement des chasseurs. Souvent réalisés en acier à ressort, ils permettent de « servir », c’est-à-dire tuer l’animal, mais aussi à couper des cordes et à parer à toutes éventualités en milieu naturel.

Les chasseurs ont obtenu de nombreuses dérogations pour pouvoir participer à la saison concernant le gros gibier (sangliers, cerfs, chevreuils et daims), leur mission étant reconnue d’intérêt public. Certains départements ont même autorisé le piégage des espèces susceptibles d’occasionner des dégâts comme les renards ou les ragondins. Par contre, il est interdit de pratiquer la chasse comme un loisir et non dans un objectif de régulation des populations. Les élus affirment avoir autorisé la chasse afin de garantir la protection des cultures agricoles et la préservation de la santé publique.

Des Français perplexes

Le sujet fait débat, presque autant que la fermeture des librairies imposée par le gouvernement. Les associations de défense de l’environnement, portées par les militants écologistes, sont particulièrement mécontentes, mettant en avant que les Français ne peuvent pas profiter de la nature alors que le gouvernement soutient, de toute évidence, la pratique de la chasse pendant le confinement.

Du côté des habitants proches de ces forêts, on s’interroge aussi sur le véritable respect des règles. Alors que les chasseurs ont l’autorisation de tuer uniquement du gros gibier, Jean-Paul, habitant de l’Entre-deux-Mers, assure entendre des bruits de tirs correspondant plutôt à de la chasse concernant le gibier à plume. D’autant plus qu’aucune grande forêt n’est proche de chez lui, le territoire étant surtout composé de vignes… Sur les réseaux sociaux, la population s’agite aussi, craignant les promenades en forêt ou les cueillettes de champignons au milieu des pétarades. Surtout que, côté promeneur, les restrictions sont plus dures : uniquement une heure de balade et à moins d’un kilomètre de chez-soi.

Protéger les cultures agricoles

Henri Sabarot, président de la fédération de la chasse en Gironde, assure de son côté que les chasseurs suivent des consignes de sécurité très strictes imposées par la préfecture. Pour lui, impossible d’arrêter la chasse pendant le confinement, et particulièrement le mois de novembre, car il s’agit de sauver des parcelles agricoles. D’autant plus que si les animaux commettent des dégâts, c’est aux chasseurs d’en payer les frais en indemnisant les agriculteurs. La saison dernière avait coûté à la fédération plus d’un demi-million d’euros, sans compter les 200 000 euros de frais d’expertise.

Du côté de la Dordogne, par exemple, entre 400 et 500 sangliers peuvent être tués chaque week-end, assure Gérard Arvieux, président du groupe de chasse du Périgord vert. Il est évident pour ces chasseurs que si la chasse devait s’arrêter, ne serait-ce qu’un seul week-end, ce serait une catastrophe pour le monde agricole.

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