Une entreprise française expérimente le congé menstruel

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Pour la première fois en France, le congé menstruel a été expérimenté au sein d’une entreprise. Une Scop montpelliéraine, La Collective, a donné le droit à ses salariées souffrant de règles douloureuses, de bénéficier d’un congé rémunéré sans certificat médical. Quels sont les retours de cette expérimentation ?

Le congé menstruel, un sujet de débat dans plusieurs pays et testé pour la première fois en France

Plusieurs pays d’Europe testent le congé menstruel, notamment l’Allemagne. En Italie, une proposition de loi a été discutée en 2017, pour finalement être rejetée, mais le sujet reste un sujet de débat. Le congé menstruel est un droit pour toutes les femmes souffrant de règles douloureuses de ne pas se rendre au travail pendant une journée. Ce congé est rémunéré et les femmes jugeant en avoir besoin ne sont pas obligées d’apporter un certificat médical pour se justifier.

En France, la Scop La Collective, basée à Montpellier, a décidé d’expérimenter ce congé auprès de ses salariées. Les salariés au sein de cette Scop réalisent des collectes sur la voie publique pour des associations. Travaillant debout et dans la rue, les salariées souffrant de grosses douleurs de règle devaient, avant la mise en place de ce congé menstruel, poser un jour de congé lambda. Elles perdaient alors une journée de salaire tous les mois.

Aujourd’hui, chaque femme souffrant de règles gênantes peuvent poser un jour de congé immédiatement sans perte de salaire, qu’elles soient en CDI ou en CDD. Le matin ou pendant la journée, si leurs règles deviennent douloureuses, les femmes doivent seulement prévenir leur supérieur et peuvent ensuite rentrer chez elle. Durant le mois de mars qui vient de s’écouler, 5 femmes sur 17 ont bénéficié de 24 heures de repos.

Cette expérimentation a été votée fin 2020 à quasi-unanimité des sociétaires de la Scop et devrait se dérouler sur un an. La femme à l’origine de cette idée au sein de La Collective est Jessica Martinez. Malgré quelques réticences de la part de ses collègues hommes, aucune voix de s’est opposé à la mise ne place de ce congé particulier.

Le congé menstruel, une idée qui ne plaît pas à toutes les femmes

Les femmes souffrant de règles douloureuses cherchent des astuces pour soulager leurs douleurs ou bien lire des témoignages de femmes dans la même situation sur des sites spécialisés ou des sites généralistes comme : https://www.magazine-racines.fr/. Une étude a montré que 68 % des femmes sont favorables à la mise en place d’un congé menstruel. Les femmes souffrant de douleurs fortes à très fortes pendant leurs règles ne sont souvent pas aptes à travailler. Pour elles, un ou deux jours de congé maladie seraient une aubaine. Toutefois, cette idée ne plaît pas à tout le monde et certaines féministes la critiquent.

Ophélie Latil, fondatrice des Georgettes Sand, un collectif présent pour déconstruire les stéréotypes, renforcer la capacité d’émancipation des femmes et améliorer leur visibilité dans l’espace public, n’est pas favorable à la mise en place d’un congé menstruel au sein des entreprises françaises. Elle estime que donner des congés menstruels aux femmes, c’est tourner autour du pot. Les douleurs menstruelles ne sont pas une fatalité, il ne faut pas trouver des solutions pour vivre avec, il faut trouver des solutions pour les éradiquer. La solution la plus efficace serait d’augmenter la prise en charge des ostéopathes, une solution qui soigne réellement les douleurs de règles.

De plus, pour Ophélie Latil et pour d’autres femmes, le congé menstruel serait une nouvelle manière d’associer les femmes aux règles et à la douleur, et ainsi d’ajouter une méfiance supplémentaire dans le cas d’embauche de femmes en entreprise. Les femmes étant déjà suffisamment discriminées, il n’y a pas besoin d’ajouter cela à la liste.

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